Notre incontournable La Cathédrale Notre-Dame d’Amiens
Véritable joyau de l’architecture gothique à la française, la Cathédrale Notre Dame d’Amiens fait la fierté de notre ville depuis le XIIIème siècle. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, c’est la plus vaste église gothique de France (elle fait d'ailleurs plus du double de Notre-Dame de Paris).
Haute de 113 mètres, elle surplombe la ville en faisant battre son coeur et celui des habitant(e)s. Vous pouvez bien évidemment la visiter : librement et gratuitement ou en achetant vos billets pour une visite libre des tours, celle qui vous permettra d’atteindre le point culminant de la tour nord avec une vue imprenable sur la ville (7 euros) ou également au programme, une visite libre du trésor de la Cathédrale pour admirer les reliques inestimables qu’elle abrite (5 euros).
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LES SIGNES DU ZODIAQUE... EN PIERRE
Le saviez-vous ?! Sur la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens se cachent les Signes du Zodiaque ! Sur le portail de gauche de la façade principale, appelé portail Saint-Firmin, se trouve un incroyable calendrier sculpté entre 1220 et 1230 connu sous le nom de Calendrier Picard... cet ensemble de sculptures est remarquablement bien conservé malgré près de 800 ans d’existence. Dans la pierre, chaque quadrilobe associe un Signe du Zodiaque à une activité agricole correspondant à la période de l’année ! Moissons, vendanges, semailles, chasse ou encore repas d’Hiver : chaque période de l’année est représentée à travers des scènes de la vie médiévale (par exemple le Verseau est associé aux repas et banquets d’Hiver, symbole du mois de Janvier), un véritable voyage dans le temps directement gravé sur la Cathédrale depuis le XIIIe siècle ! Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cette présence du Zodiaque sur une cathédrale ne doit pas être vue comme de l’astrologie au sens moderne. Au Moyen Âge, il s’agissait plutôt d’une représentation de l’ordre du monde créé par Dieu, où le ciel, les saisons et le travail humain étaient intimement liés. Les fidèles pouvaient ainsi lire dans la pierre le déroulement complet de l’année et comprendre le temps qui passe simplement en levant les yeux... Un détail fascinant de notre patrimoine amiénois devant lequel beaucoup de visiteurs passent sans remarquer qu'ils ont sous les yeux l'un des plus beaux calendriers médiévaux de France !
UN ANGE MONDIALEMENT CONNU
Il est là, discret, presque caché dans l’immensité de la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens et pourtant, il fascine depuis des siècles : on vous parle aujourd’hui de l’Ange Pleureur d’Amiens, une petite sculpture devenue une véritable icône mondiale ! On est au XVIIe siècle, le sculpteur amiénois Nicolas Blasset réalise une œuvre funéraire pour le tombeau du chanoine Guilain Lucas, rien d’inhabituel pour l’époque sauf que cette petite figure va traverser les siècles et marquer les esprits bien au-delà d’Amiens... L’Ange, ou plutôt ce petit enfant ailé, est accoudé à un crâne, sous sa main un sablier, son regard est baissé, son visage empreint de tristesse, en une seule scène, tout est dit : le temps qui passe, la fragilité de la vie, la mort inévitable... un rappel simple mais puissant que tout peut s’arrêter à n’importe quel moment, c’est ce qu’on appelle un "memento mori" ! Et puis il y a cette émotion, cet ange ne fait pas peur, il touche, il semble presque humain, certains disent qu’il représente la peine des enfants que le chanoine aidait de son vivant, d’autres y voient une image universelle du deuil, une chose est sûre : il ne laisse personne indifférent... Mais ce qui est fou, c’est que sa renommée dépasse largement Amiens : pendant la Première Guerre Mondiale, des soldats britanniques stationnés dans la ville tombent sous le charme de la sculpture, ils achètent des cartes postales, les envoient à leurs proches et sans le savoir, ils propulsent l’ange pleureur aux quatre coins du monde... aujourd’hui encore, il est probablement l’une des sculptures les plus connues issues de la Cathédrale ! Avec le temps, des histoires se sont construites autour de lui : certains racontent qu’il pleure vraiment, d’autres lui prêtent une aura mystérieuse... en réalité, il s’agit surtout d’une œuvre incroyablement bien réalisée, capable de provoquer une émotion sincère, même des siècles plus tard...
NOUVEAU SOUFFLE POUR L’ORGUE
Ce week-end, la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens a vécu un moment fort, rare, presque solennel : l’orgue historique, silencieux depuis plusieurs années en raison d’une restauration complète, a enfin retrouvé sa voix... près de 1500 personnes étaient présentes pour vivre ce réveil, dans une nef pleine d’écoute, d’émotion et de respect ! L’orgue de la Cathédrale est plus qu’un instrument de musique, il fait partie du paysage sonore et intime d’Amiens : son buffet remonte au XVe siècle, tandis que son âme sonore actuelle est héritée d’Aristide Cavaillé-Coll qui installe en 1889 un orgue symphonique romantique d’exception... il a traversé les guerres, les transformations, les silences mais il est resté un repère et une présence, même muette ! À partir de 2020, une restauration d’ampleur a été menée par les manufactures Muhleisen, DLFO et Gérard Grenzing : un travail précis, long, patient, qui a redonné souffle et équilibre à l’instrument... aujourd’hui, le nouvel orgue compte 70 jeux, 3 claviers, un pédalier, 6 plans sonores et 4481 tuyaux, prêts à remplir la Cathédrale d’une vibration profonde... Lorsque les premières notes ont résonné ce week-end, quelque chose s’est passé dans la nef... un frisson collectif, le sentiment de vivre un moment inscrit dans l’histoire de la ville, un instant où le patrimoine n’est plus seulement admiré : il est partagé... l’orgue est revenu et, avec lui, une part du souffle d’Amiens !